Boîte à Histoires valorise et partage l'histoire de votre commune

Bienvenue dans le village de

Syma est une jeune femme qui a une spécialité rare : elle est chercheuse d’histoires. Reporter infatigable, elle parcourt la France de villages en villages, allant à la rencontre des enfants afin qu’ils lui racontent les mille et unes histoires de leur village, qu’ils ont glanées auprès des anciens, dans les rues, dans la cour de l’école, dans les contes et les légendes de chez eux. Syma les grave alors sur sa tablette, dans sa « boîte à histoire ». Elle en partage quelques-unes avec nous, au gré de ses péripéties.

Les Lions de Guillaumes

Alors que je sortais du musée des Arts et Traditions de Guillaumes, dans l’ancien ghetto juif situé au cœur du village médiéval, je fus interpellé par une petite voix :

« Syma ! Syma ! Regarde ! »

C’était Tylian, accompagné de quelques enfants de Guillaumes, qui me montrait un petit groupe de six personnes en train de deviser devant la devanture de la Maison J.B. Lions.

« Qui sont ces gens ?, demandai-je ?

– C’est un monsieur d’Amérique qui s’appelle Lions aussi ! me répondit Cailin. Il est venu visiter le village avec sa fille.

– Ils s’appellent Lions comme les propriétaires de la maison et de la cave ?

– Oui, on m’a dit qu’ils sont de la même famille, précisa-t-elle. »

Un Américain et sa fille à Guillaumes, accompagnés de quelques édiles qui lui montrent le village… Qui cela pouvait-il bien être ? Il n’en fallait pas plus pour que je décide de mener l’enquête !

Avec l’aide de Lazare, Kendra, Cielle, et Jacob, mes petites oreilles venues me rejoindre après l’école, nous avons alors appris une bien surprenante histoire. Laissez-moi vous la raconter.

Elle commence il y a plus de cent ans. Martin Eugène Lions, né à Guillaumes en 1836, décide d’aller chercher fortune avec son fils, ainsi que de nombreux Français, dans la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama, la société créée par Ferdinand de Lesseps pour percer le célèbre canal de Panama.

Comme presque tous les ouvriers européens partis dans cette aventure, il n’en est pas revenu. La construction du canal a en effet été meurtrière : outre les glissements de terrain, le paludisme et la fièvre jaune ont causé une véritable hécatombe. On dénombra près de six mille morts sur le chantier entre 1881 et 1889 – date à laquelle la compagnie du canal fit faillite dans les circonstances scandaleuses que l’on sait. Le canal de Panama fut alors achevé par une compagnie américaine.

Toutefois, Martin Eugène Lions a réchappé à la maladie et aux mille dangers qui guettaient les ouvriers européens sur ces terres inhospitalières. Il a réussi à trouver refuge en Colombie, où il s’est remarié et a fondé une nouvelle famille, tournant le dos pour toujours à la Provence comme au Panama.

« Mais alors cet homme, qui est-ce ? me demande Émilie.

– C’est l’arrière-petit-fils de Martin Eugène Lions. Il s’appelle Hernando, un prénom colombien !

– Ah bon ? Mais on m’a dit qu’il était États-unien ! demanda Océane.

– Oui, c’est vrai, mais sa famille est originaire de Colombie. Ce n’est que plus récemment qu’il a émigré aux États-Unis, où il exerce le métier de professeur de gastro-entérologie pédiatrique à la faculté de médecine de l’université de Wayne State, à Détroit dans le Michigan. »

Hernando Lions s’intéresse en effet à l’histoire depuis qu’il est tout jeune, et à l’histoire de sa famille et des émigrés en particuliers. Récemment, il a pris l’initiative de renouer avec ses racines françaises et de contacter la mairie de Guillaumes depuis les États-Unis, afin d’organiser une visite, une sorte de pèlerinage familial. Une fois passé la première surprise, la réaction des élus de Guillaumes ne s’est pas fait attendre : ils ont organisé le meilleur accueil possible à ce « cousin d’Amérique », digne des plus grands hôtes de marque. Visite de la ville, interview, et visite du cimetière, où Hernando souhaitait se rendre afin de mieux constater la profondeur de ses racines, et se recueillir sur les tombes familiales. Il a ainsi pour découvrir, ému, la maison où ont vécu ses ancêtres.

« – Il devait être content, commenta Théo.

– Oui, répondit Cassie, il a dit qu’il était très heureux et que l’accueil était « ouarme » !

– Tu veux dire « Wahou », corrigea Théo.

– Non, « ouarme », il a dit comme ça. Mais c’est vrai qu’il n’est pas très facile à comprendre. Sa fille, on la comprend mieux !

– Je crois qu’il a dû dire warm, expliquai-je. Ça veut dire « chaleureux » en américain ! Il a dit aussi que ça lui a rappelé la manière d’être de son père et de son grand-père. Quelque chose d’ensoleillé et de provençal qui doit se transmettre à travers les générations ! »

Il paraît qu’Hernando Lions a décidé de revenir plus longtemps l’été prochain, avec toute sa famille, pour passer quelques jours de villégiature. « Il faudra bien l’avertir à propos du pont de la mariée, surtout sa fille ! » a conclu Louna. Il est vrai que c’est un pont dangereux pour les jeunes femmes ! Mais c’est là une autre histoire…

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